Jeudi 1er octobre, à Auchel, le proviseur du lycée professionnel Fernand-Degrugillier a été hospitalisé. Selon le parquet de Béthune, un pétard allumé lui a été lancé dessus avant d'exploser à deux mètres de lui. Sur place, un policier a été blessé à la main par une barrière jetée sur lui.

Le même jour, 55 établissements étaient touchés dans 33 communes du Nord, et plus de 80 personnes ont été interpellées entre Nord et Pas-de-Calais. La veille, à Lille, 36 gardes à vue : feu tricolore arraché, abribus réduits en miettes, poubelles en flammes.

À l'échelle nationale, le ministre de l'Intérieur annonçait 625 interpellations et 83 policiers et gendarmes blessés pour la seule journée de mercredi. En Île-de-France, la facture approche le million d'euros. En Auvergne-Rhône-Alpes, entre 100 000 et 200 000 euros.

Voilà ce qu'on nous vend comme un « mouvement social ».

Nantes, ou l'absurde :

Les revendications affichées : manque de moyens, classes à 32 ou 35, bâtiments mal chauffés. Admettons. Puis il y a Nantes.
Le lycée Nelson-Mandela, sur l'île de Nantes, a ouvert en 2014. Un bâtiment signé par un architecte de renom, plus de 1 700 élèves, l'un des établissements les plus modernes du pays. Jeudi matin, son hall a été détruit par un incendie que la direction qualifie de volontaire. L'enquête dira qui a mis le feu. Mais on ne réclame pas de meilleures conditions d'études en regardant brûler l'un des plus beaux lycées de France.

Il n'y a pas de fond. Il y a une minorité bruyante qui trouve insupportable d'aller en cours de 8 h 30 à 17 h, qui peine à aligner trois phrases correctes en français, mais qui trouve toujours l'énergie de s'offrir un tasty crousty avant de retourner allumer des poubelles devant l'établissement.

Les pyromanes en écharpe tricolore :

Devant le lycée Paul-Éluard, le maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a déclaré que « la violence, à un moment donné, peut être légitime ». Il a ajouté qu'il valait mieux l'éviter quand c'est possible. La nuance n'a pas dû porter très loin au milieu des mortiers d'artifice. Il maintient ses propos.
C'est toute la France insoumise : mettre le feu partout, sans projet, par goût du chaos. On encense la « jeunesse en colère », on dénonce la police à chaque interpellation, on souffle sur les braises.

Puis le brasier échappe à ceux qui l'ont attisé ; et il commence à se retourner contre eux.

Le préfet de police a saisi le parquet de Bobigny pour « provocation à commettre un délit ». La région Île-de-France entend adresser la facture des dégradations au maire de Saint-Denis et porter plainte contre Louis Boyard. Jouer aux apprentis sorciers a un prix. Pour une fois, ce ne sont peut-être pas les autres qui le paieront.

Ni Mai 68, ni révolution :

Qu'on ne nous parle pas de Mai 68. Mai 68, c'était une révolte d'étudiants bourgeois, qui avaient au moins lu les livres qu'ils citaient. Et l'histoire est têtue : les révolutions ont presque toujours été menées par une bourgeoisie de gauche, au détriment du peuple et du contribuable discret qui en paie les conséquences.

Car quelqu'un paiera. La loi est claire : si l'auteur d'une dégradation est identifié et mineur, ses parents sont civilement responsables. S'il ne l'est pas, c'est la collectivité et son assureur qui règlent. Autrement dit, vous. Le salarié qui se lève tôt, l'artisan, le retraité. Ceux qui ne bloquent rien et ne cassent rien.

Un État qui recule, une indignation à géométrie variable :

Une fois encore, l'État se montre impuissant. On laisse caillasser nos policiers et nos sapeurs-pompiers. On laisse nos enseignants et nos personnels se faire malmener toute l'année, puis on s'étonne qu'ils quittent le métier.

Le 16 octobre 2020, Samuel Paty était assassiné et décapité par un terroriste islamiste, à quelques pas de son collège de Conflans-Sainte-Honorine. Son crime : avoir fait son métier. Aucun blocus ce jour-là. Aucune poubelle brûlée. Aucun élu insoumis devant un lycée pour expliquer que la colère était légitime.
La colère d'aujourd'hui n'est pas celle d'une jeunesse qui pense. C'est celle d'une jeunesse dont une partie a le cerveau passé à la moulinette TikTok, nourri de slogans recyclés et de causes qu'elle découvre en vidéo de quinze secondes.

Les vraies victimes :

J'ai de la peine, et de la colère, pour l'élève qui ressemble à ses parents. Classe moyenne, pas le choix de son lycée, carte scolaire oblige. Des parents qui ne peuvent pas payer le privé. Un gamin qui veut juste étudier, apprendre, et avoir une vie meilleure que celle de ses parents.

Celui-là se retrouve pris dans une spirale de bêtise. Cerné par les survêtements noirs, les mortiers et les hurlements. Bombardé de « discours » du genre : « Macron il écoute pas », « la police va avoir le permis de tuer », « il fait froid dans la classe ». Personne ne défilera pour lui.

Pour les casseurs, je n'ai que du mépris. Et je sais déjà comment l'histoire continue : l'État-maman les rattrapera à coups d'allocations, d'aides et de dispositifs. Les portes des missions locales, des centres sociaux leur seront grandes ouvertes.

Le temps de l'action :

D'abord, appliquer partout le principe du casseur-payeur. Plainte systématique, responsabilité civile des parents engagée, suppression des aides régionales pour les auteurs identifiés. Certaines régions l'annoncent déjà. Il faut aller beaucoup plus loin : pour tout mineur condamné, suppression de l'ensemble des aides versées à ses parents, qu'elles soient nationales, régionales, départementales ou municipales, avec une période de sûreté d'un an minimum avant tout rétablissement.

Quand on ne tient pas ses enfants, on ne peut pas continuer à toucher l'argent de ceux qui paient les dégâts. On m'opposera la loi Ciotti de 2010, qui suspendait les allocations familiales en cas d'absentéisme et qui a été abrogée en 2013. Mais entre une famille qui assume les conséquences des actes de l'un des siens et une nation entière qui paie à sa place, je choisis la famille.

Ensuite, sortir l'école de la centralisation qui l'étouffe. Je plaide pour de véritables gouvernements régionaux : un gouverneur élu, une assemblée de députés régionaux, et des compétences réelles en matière d'éducation, de justice, de sécurité et de santé. Des décideurs proches du terrain, et comptables devant les électeurs de ce qui se passe dans leurs lycées.

Enfin, revenir à une école qui instruit plutôt qu'une école qui éduque. Transmettre le français, les mathématiques, l'histoire, l'esprit critique : voilà le travail de l'Éducation nationale.

Élever les enfants, leur apprendre le respect et les limites, c'est le travail des parents.

Ils ont fait des enfants. Qu'ils s'en occupent.